Site de l'écrivain Julien Mazet

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Le retrait ou l'effeuillement de l'être (2004)

 

Tu cherches ton coeur, la racine de tes mots, ton être propre et pour cela tu observes l'infime signifiance d'un détail.

 

Le renoncement n'est qu'une manière de conquérir ton espace intérieur. Celui-ci se manifeste dans le silence relatif. Tout est bruit lorsqu'on est attentif au repos.

 

Le rapport au réel est uniquement le rapport au réel que l'on se donne. Lorsque l'on est l'extérieur, lorsque les faits vous font oublier le sentiment de l'existence c'est que vous êtes en motion dans un univers que vous ne maîtrisez pas.

 

L'ataraxie est une conscience relevant d'une posture sociale figée dans l'indifférence.

 

Le vide absolu dépend de notre manière de percevoir notre intention.

 

La logique des hommes n'est pas la logique du monde.

 

Le café bien noir (2005)

 

Un peu de sucre dans mon café, me voilà aimé de mes égaux.

 

La vie s'écoule dans la bascule, tout est pesé, il ne reste rien mais pour le reste ...

 

J'aimerais oublier cette compassion envers moi-même et regarder glisser le temps dans le sablier, sur la balance.

 

Au jour dernier comme au premier jour.

 

Les secondes polissent l'espace, le cours efface le temps qui passe, le cours Mirabeau.

 

Sous mes rivages, sous mes ravages il y a mes oublis, il y a ceux que je désirerais admirer, plus.

 

Toi Léonard, toi Michel-Ange, toi Wittgenstein, pauvre petit Wittgenstein. Et toi Victor, Victor Hugo tu ne vaux pas le temps que je passe à parler de toi dans cette phrase. Pourtant je contemple le message engendré; sur mes rivages  tu vaux plus qu'un Mallarmé.

 

 

 

 Poème à paraître dans un recueil à part

 

 

Petit parassol de ces dames (2006)

 

 

Toi, jeune fille attablée, entamée de mon amour, sensible à ma tendre douleur.

Déjà je reçois ta grande fraîcheur qui descend de ton regard de paonne. 

Tu étends tes yeux dans le verre en face de toi.

Défaits le noeud dans ton soupir et goûte aux miels douceâtres de cette nuit qui tombe.

Je défais mes semblables il ne reste que nous.

Dorennavent je ne suis plus qu'à toi.

Immense glissade entre les bouteilles creusées , à moitié vidées.

Le chocolat glisse entre tes lèvres.

Rire, pourquoi rire si je ne te déçois pas?

Il n'y a plus que nous trois , et nous deux entières poires.

Le chocolat glisse sur la queue et les pépins sautent en l'air sur ta fébrile cuillère.

Je goûte à cet instant de vie. Tu es immense. Je ne suis rien que toi.

 

 

 

 

Traîté de l'âme (2008)

(démonique et divine)

 

Journée vingt deux

 

   L'âme démonique est pleine de souffrances. Elle se nourrit de nos maladies psychiques les plus viles. L'angoisse mêlée d'agressivité, de haine, de violence. Tout cela crée un fond propre à nous rendre plus bestiaux que les animaux mêmes. Lorsque pour survivre, l'individu qui se sent menacé est capable de toutes les cruautés, de toutes les tortures et de toutes les agressions, cet individu atteint l'âme démonique. Les mauvais esprits sont dans nos circuits neuronaux, ils naissent de l'insalubrité de nos consciences; survivre à tout prix lorsque chacun essaye de tirer son épingle du jeu . Parfois l'épingle pèse très lourd et l'avantage escompté est substanciel. L'égoïsme, la course à la survie, survivre aux autres, survivre à sa propre honte, à notre conscience malsaine.

   L'âme démonique est reliée au bas astral, au refus de la lumière, des lumières. Lorsque je suis touché par cet aspect de l'être il faut que je résiste, que je résiste jusqu'à ce que la chaleur, la moîteur de la pièce se transforme en fraîcheur, en clareté d'esprit. Penser en pleine chaleur est difficile, penser sans oxygène est propre à mourrir.

   " Les Dieux nous sont peu propices ces temps-ci, la pauvreté vient nous assaillir, bientôt nous saurons réduits à nous convertir au monothéisme. Il faudra faire du commerce, il faudra que les esprits disparaissent pour qu'il ne reste qu'un seul être, l'unique" Le monothéisme n'a pas aboli la croyance aux démons, ces démons que nous portons en nous, ces esprits malveillants qui peuplent les villes, les forêts. Ils nous harcèllent, nous forcent à vieillir, à mourrir petit à petit loin de l'harmonie première, celle de nos jeunes années; loin de la beauté de nos premiers âges mûrs.